Au cours d’une des plus célèbres expériences en psychologie, le chercheur Alan Richardson a divisé ses sujets en trois groupes. Les garçons de chaque groupe, des écoliers joueurs de basket, étaient testés sur leur aptitude à envoyer le ballon dans le panier depuis la ligne des lancers francs. Le premier groupe devait pratiquer les lancers francs chaque jour. Le second groupe reçut comme consigne de ne pas pratiquer du tout, mais plutôt de s’imaginer en train de lancer. Le troisième groupe ne devait ni pratiquer ni visualiser les tirs.

Au bout de vingt jours, les groupes furent rassemblés et testés. Le groupe qui n’avait ni pratiqué ni visualisé leurs tirs ne montrait aucune amélioration, comme on pouvait s’y attendre. Le groupe qui avait pratiqué chaque jour montrait une amélioration de 24 pourcent. Ceux qui avaient pratiqué seulement en imagination s’étaient améliorés de 23 pourcent. Ces résultats remarquables, qui prouvent que la pratique mentale apporte presque la même amélioration que la pratique physique réelle, ont été souvent confirmés depuis, au cours de tests similaires.

Ce qu’on voit, c’est ce qui se réalise

Manipuler les images mentales est probablement la plus ancienne technique utilisée pour mobiliser les énergies intérieures à des fins d’autoguérison ou d’autorégulation. Je soupçonne que les premières images qui nous soient parvenues de nos lointains ancêtres, les peintures rupestres trouvées dans le sud de la France et en Espagne étaient utilisées comme outils de visualisation dirigée. Nous savons, d’autre part, que les chamans et les guérisseurs des cultures primitives sont capables de se voir quittant leur corps pour des voyages extraordinaires, en vue d’atteindre la source de la sagesse, et d’en revenir avec son pouvoir de guérison.

Mais la visualisation, en soi, ne relève pas du spirituel; elle n’est pas associée seulement avec des pratiques mystiques ou des mentalités primitives. Aristote prétendait que l’imagerie mentale n’était pas seulement un élément de la pensée, mais son élément le plus essentiel:

« Il est impossible de penser sans une image mentale », écrivait-il.

« Le même mécanisme est mis en jeu lorsqu’on pense ou dessine un diagramme. »

Lorsqu’on demandait à Albert Einstein quelle sorte de pensée il utilisait pour accomplir son travail de création, il répondait:

« Les mots ou la langue, comme ils sont écrits ou dits, ne semblent jouer aucun rôle dans mes mécanismes de pensée. Les entités psychiques qui semblent servir d’éléments à ma pensée sont certains signes et des images plus ou moins claires qu’on peut « consciemment » reproduire et combiner ».

Manipuler des processus corporels par l’esprit

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Les chercheurs en bio-feed-back ont découvert que le moyen le plus efficace de manipuler tout processus corporel était la visualisation. Ceux qui souffrent de migraine et veulent augmenter le flux sanguin et la chaleur de leurs mains (ce qui en général soulage la migraine) y arrivent facilement en visualisant leurs mains plongées dans de l’eau chaude ou reposant sur le sable chaud de la plage. Les gens qui souffrent de tensions musculaires chroniques peuvent se représenter leurs muscles comme des cordes ou comme des serviettes de toilette tordues très serré, qui se détordent et deviennent souples. En fait, C. Maxwell Cade, qui a mené des recherches en bio-feed-back sur plus de quatre mille sujets, affirme catégoriquement:

« L’aptitude à penser en images sensorielles au lieu de mots est un premier pas absolument essentiel vers la maîtrise d’états de conscience supérieurs, le contrôle de la douleur… »

Les images mentales semblent être le mode de pensée naturel, et des études récentes démontrent que notre esprit peut se remémorer des images visuelles beaucoup mieux que des mots ou des nombres, à tel point qu’on pense maintenant que notre aptitude à la reconnaissance visuelle est pratiquement parfaite. Au cours d’une expérience, des sujets ont vu des milliers de diapositives, une toutes les dix secondes, et ce pendant plusieurs jours. Plus tard, on mélangea ces diapositives avec d’autres que les sujets n’avaient pas vues et on les leur montra au rythme très rapide d’une par seconde, heure après heure; parfois on les montrait retournées ou inversées; pourtant les sujets reconnaissaient pratiquement chaque image qu’ils avaient en vue la première fois.

L’expérimentateur en conclut:

« Ces expériences… laissent supposer que l’aptitude à reconnaître des images est fondamentalement parfaite. »

Cette aptitude extraordinaire à garder en mémoire et à manipuler des images mentales constitue un de nos dons les plus puissants. Encore plus remarquable est le pouvoir que ces images exercent sur nous.. Comment des images mentales peuvent-elles provoquer des effets aussi profonds sur notre organisme est encore un mystère. Mais beaucoup d’étudiants dans le domaine de la conscience ont observé que les images mentales puissantes étaient perçues comme réelles par l’organisme. C’est une explication des résultats des expériences faites avec les basketteurs: en conservant des images fortes de tirs réussis, l’esprit réussissait à convaincre le corps que ces images mentales étaient réellement en train de se concrétiser et, de cette façon, le corps « apprenait« .

Le docteur Edmund Jacobson, physiologiste qui a conçu la thérapie par la « relaxation progressive« , a établi un lien entre les images mentales et le corps en demandant a des gens de s’imaginer en train de courir. Puis il utilisa une machine pour mesurer leurs moindres contractions musculaires; elles se révélèrent du même type que celles qu’ils auraient connues s’ils avaient vraiment couru. Sans qu’on sache pourquoi, lorsque l’esprit perçoit quelque chose comme en train d’arriver, cela apporte des changements dans l’ organisme. On peut aisément juger de l’importance de ces changements dans l’organisme en observant les centaines de rémissions spontanées provoquées par les techniques de visualisation d’ O. Carl Simonton.

Augmenter la taille de sa poitrine par visualisation ?

Moins cruciaux, mais tout aussi frappants, sont les nombreux cas bien documentés d’augmentation de la taille de la poitrine, observée chez des groupes de femmes utilisant la visualisation. Chaque étude a porté sur une technique de visualisation différente: dans l’une d’elles, les femmes devaient visualiser une serviette chaude autour de leur poitrine, avec une lampe chauffante dirigée sur elle. D’autres femmes s’imaginaient telles qu’elles auraient voulu être. D’autres encore se représentaient le sang et l’énergie affluant vers leur poitrine. Dans toutes les études, l’augmentation de la taille des seins fut importante. L’augmentation était légèrement en dessous de 3,8 cm dans une première étude et de 5,5 cm dans une autre. Une étude soigneusement contrôlée dura douze semaines: l’augmentation moyenne fut alors de 5,3 cm. En même temps, beaucoup de femmes rapportaient qu’elles avaient perdu du poids: le changement n’était donc pas dû à une prise de poids. Certains peuvent avoir des doutes sur l’utilité de dépenser de l’énergie mentale afin de développer sa poitrine. Mais ces études ont une portée irréfutable: l’imagerie mentale a le pouvoir de provoquer dans l’organisme des changements rapides et spectaculaires Et ce qui est vrai pour l’augmentation de la taille des seins l’est aussi pour la perte de poids ou la guérison d’une maladie. Littéralement, ce qu’on « voit », c’est ce qui « se réalise ».

Vous êtes plutôt un verbalisateur ou un visualiseur ?

Les chercheurs dans le domaine de l’imagerie mentale croient maintenant qu’à peu près 15 pourcent de tous les gens sont des « visualiseurs » qui connaissent pour ainsi dire constamment des images mentales puissantes; une autre portion de 15 pourcent de la population est constituée de « verbaliseurs »; Ceux-ci fonctionnent surtout (mais pas totalement) dans un monde de mots, un inonde de pensées, d’idées et de structures verbales. Les 70 pourcent qui restent se situent entre ces deux types. Des tests effectués depuis les premiers jours de l’enfance jusqu’à l’âge adulte montrent que l’homme est de manière constante supérieur à la femme en ce qui concerne l’aptitude à la visualisation et l’aptitude visuelle spatiale, mais dans les deux groupes, les verbaliseurs et les visualiseurs sont également répartis.
Des études montrent que les grands visualiseurs respirent plus régulièrement que les verbaliseurs; ces derniers, d’autre part, respirent plus régulièrement que d’habitude lorsqu’ils effectuent dans l’espace des tâches qui supposent une visualisation. L’écrivain Gordon Rattray Taylor cite des rapports montrant que « les gens qui visualisent beaucoup sont plus relaxés, plus créatifs, plus mûrs et plus souples que ceux qui le font peu… Nous en voyons un indice dans le fait que l’absence d’imagerie mentale est reliée à de fortes défenses contre les impulsions » .

Un merveilleux outil pour la mémorisation et la créativité

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L’imagerie mentale mis à part le fait que la visualisation améliore la vie et qu’elle semble être accompagnée d’un état de relaxation physique comporte des avantages pratiques bien précis. Beaucoup d’études ont clairement montré que l’imagerie visuelle est associée à l’aptitude à se rappeler: plus l’imagerie mentale est forte, moins l’effort nécessaire pour mémoriser une idée ou un événement sera grand. C’est à l’aide d’images mentales que les personnes douées de « super-mémoire » peuvent réaliser leurs exploits.
Avec des mots liés l’un à l’autre comme des wagons, on peut comprendre seulement d’une manière linéaire, un petit peu à la fois; au contraire, avec les images, on peut assimiler toute une scène, un événement ou une relation personnelle complexe. La visualisation est aussi un élément primordial de la créativité: en « voyant » des choses qui n’ont jamais existé ou en visualisant des événements avant qu’ils n’arrivent, on peut vraiment inventer le futur, tout comme on invente une nouvelle machine ou on crée une Œuvre d’art. L’histoire est parsemée de récits de génies créatifs qui ont d’abord entrevu, sous forme de visions ou d’images mentales, les idées qui allaient transformer la réalité.

Et les caissons d’isolation sensorielle dans tout ça ?

Le professeur Thomas Taylor de Texas A & M, a mené récemment une expérience fascinante concernant les effets de la flottaison sur l’apprentissage et la pensée, dans le but de déceler les visualiseurs et les verbaliseurs. Il en conclut:

« Quand on compare le rapports d’apprentissage des êtres essentiellement visualiseurs, et d’autres qui sont d’abord `conceptualistes’ (penseurs non visuels), le degré d’apprentissage est plus élevé dans le groupe des visualiseurs que dans l’autre. »

Taylor a aussi noté que le groupe de flotteurs semblait visualiser plus facilement que le groupe de non-flotteurs et produisait beaucoup plus d’ondes thêta, bien connues pour être associées à une imagerie mentale prolifique et puissante. Si vous croyez être un mauvais visualiseur et que vous vous jugez inapte à vous représenter des images, il est important de vous rappeler qu’en réalité vous possédez le potentiel pour en produire.

« Les chercheurs sur l’imagerie mentale sont pratiquement unanimes pour dire que chacun a la capacité de penser en images », écrit le psychologue Robert Sommer.
« C’est un potentiel aussi inné que celui de dessiner, de construire ou d’utiliser le langage; aussi inné que toute autre aptitude qui se développe avec la pratique. Si le potentiel existe, il est possible de le développer par la pratique. Tous ne peuvent pas devenir de grands visualiseurs, pas plus qu’ils ne seront capables de dessiner comme Léonard de Vinci. Mais chacun a le potentiel pour améliorer l’acuité de sa pensée par rapport à ce qu’elle est actuellement. »

En Conclusion

L’aptitude à connaître et à manipuler l’imagerie intérieure peut être augmentée énormément par la pratique et l’expérience. Et le meilleur environnement qui ait jamais été créé pour faire l’expérience d’une imagerie mentale puissante, intense et pour la manipuler est très certainement le caisson d’isolation sensorielle. Le vaisseau constitue l’environnement optimal pour la visualisation.

En effet, la relaxation qu’il assure est si profonde que le cerveau se met immédiatement à générer une quantité sans précédent d’ondes thêta, très lentes, fortes et rythmiques, qui sont associées à des images hypnagogiques puissantes, presque réelles.

Toutes les méthodes de visualisation utilisées au cours de l’histoire comme la posture immobile et détendue du lotus chez les yogis et les moines ou la catatonie induite par les drogues chez les chamans ont souligné qu’un état de relaxation profonde était essentiel à une visualisation réussie. Dans le caisson, relaxation profonde et imagerie mentale puissante arrivent spontanément, sans effort.

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